Portrait de Thomas Salez
© Thomas Salez

Thomas SalezChercheur CNRS au Laboratoire ondes et matière d'Aquitaine (LOMA)

Proof of concept
Consolidator Grant
Médaille de bronze du CNRS

Thomas Salez est Directeur de Recherche en physique au CNRS. Il a obtenu son doctorat à l'ENS de Paris, où il a développé une expérience de refroidissement atomique au Laboratoire Kastler Brossel (LKB). Il a ensuite rejoint le Laboratoire Gulliver de l’ESPCI Paris, où il a étudié théoriquement la matière molle. Au sein du groupe EMetBrown qu'il a créé et qu'il anime à présent au Laboratoire ondes et matière d’Aquitaine (LOMA, CNRS / Université de Bordeaux) à Bordeaux, il étudie, sur les plans expérimental et théorique, les propriétés de la matière complexe et biologique aux interfaces. Il est lauréat de la médaille de bronze du CNRS et du prix Michelin de l’Académie des Sciences. Il est éditeur associé à European Physical Journal E et membre invité de l'unité de recherche collaborative sur la matière complexe à l’Université d'Hokkaido, au Japon, et du réseau international de recherche franco-indien sur l’hydrodynamique à petite échelle et la bio-ingénierie. Il enseigne également en master à l'Université de Bordeaux et à l'Institut d'Optique. Enfin, il a cofondé au Canada la startup MesoMat qui vise à produire de nouveaux matériaux et des capteurs intelligents pour l’aéronautique et la robotique.

ERC PoC 2025 : Bio-physico-chemical Insights by Fluorescence-free Flow-induced Taylor Analysis using Neuronal Networks for Ensembles of Nanoparticles (BIFFTANNEN)

La caractérisation de suspensions complexes composées d'entités microscopiques est une tâche essentielle pour les processus de contrôle et de purification dans les industries du traitement de l'eau, pharmaceutique, agroalimentaire et cosmétique. Les méthodes existantes pour effectuer une telle tâche sont souvent coûteuses, à faible débit ou grand volume, monomodales, basées sur des marqueurs externes, avec une résolution modérée et ne fournissent généralement que des informations partielles telles que la taille moyenne des particules. En tirant parti des connaissances fondamentales acquises ainsi que des méthodes développées dans le cadre du projet EMetBrown sur le transport microscopique en confinement, le projet BIFFTANNEN vise à surmonter les limites susmentionnées. L'objectif principal est de développer et de valoriser une plateforme de caractérisation bio-physico-chimique novatrice et polyvalente. Elle combinera de manière unique des méthodes de pointe en microfluidique, imagerie et apprentissage profond, grâce à l'analyse de dispersion de Taylor basée sur l'absorption, la spectrométrie et l'inférence statistique avancée. 

-	Plateforme de caractérisation développée dans le projet. Des suspensions complexes d'entités microscopiques (molécules, protéines, nanoparticules, oligomères, polymères, etc.) sont advectées, diffusent ou réagissent chimiquement, dans une puce microfluidique alimentée via un réservoir sélectionné par un bras à seringue automatisé. L'absorption lumineuse couplée à des méthodes d'inférence statistique par apprentissage profond permet d'identifier de manière fiable les espèces impliquées et de reconstruire leurs distributions de taille dans le temps.
Plateforme de caractérisation développée dans le projet. Des suspensions complexes d'entités microscopiques (molécules, protéines, nanoparticules, oligomères, polymères, etc.) sont advectées, diffusent ou réagissent chimiquement, dans une puce microfluidique alimentée via un réservoir sélectionné par un bras à seringue automatisé. L'absorption lumineuse couplée à des méthodes d'inférence statistique par apprentissage profond permet d'identifier de manière fiable les espèces impliquées et de reconstruire leurs distributions de taille dans le temps. 

ERC CoG 2021 : Mouvement brownien aux interfaces molles (EMetBrown)

Le mouvement brownien est un paradigme scientifique central ayant des implications en physique fondamentale, en biologie et même en finance. En comprenant que le mouvement erratique apparent de particules microscopiques est une conséquence directe du mouvement des molécules du fluide environnant, des pionniers comme Albert Einstein et Jean Perrin ont fourni des preuves décisives de l'existence des atomes. À une époque de miniaturisation et de science des surfaces, il est pertinent de reconsidérer ce problème canonique en y ajoutant des frontières. En effet, le mouvement brownien aux interfaces et en confinement est une situation très répandue en microbiologie et en nanofluidique. Songeons par exemple au cas d’une protéine aux abords d’une membrane cellulaire : dans une telle situation, les effets de surface pourraient devenir dominants et modifier drastiquement les trajectoires classiques, et donc toute la machinerie de la vie ! En combinant plusieurs méthodes de pointe, le projet EMetBrown ambitionne de mesurer expérimentalement et de modéliser mathématiquement le mouvement brownien de micro- et nanoparticules libres de se mouvoir, piégées ou attachées, au voisinage d’interfaces complexes.