« Physicienne, pourquoi pas moi » : 28 femmes scientifiques à la rencontre des élèves

Médiation scientifique Femmes en physique

À l’occasion de la Journée internationale des femmes et des filles de science, le 11 février 2026, CNRS Physique organise un évènement de restitution du projet mené depuis plusieurs mois avec 28 établissements franciliens pour encourager les jeunes filles à s’orienter vers les filières scientifiques. Échanges avec les physiciennes, présentations des portraits que les élèves ont réalisés, quiz ludiques : une après-midi pour montrer la recherche sous son vrai visage, sensibiliser et briser les stéréotypes de genre dans la science

Dans un contexte où les stéréotypes de genre persistent encore trop souvent dans le monde scientifique, le projet « Physicienne, pourquoi pas moi », en droite ligne des engagements pris pendant l’Année de la physique 2023-2024, se veut un levier concret pour sensibiliser les jeunes, et notamment les filles, dès le plus jeune âge. L’enjeu est de leur montrer que la science est un domaine ouvert à toutes et tous, que la diversité des profils est une richesse indispensable pour les sciences du futur, que toutes et tous peuvent trouver leur place dans des carrières scientifiques, si l’envie est là.

Des rencontres entre physiciennes et élèves

28 physiciennes de 17 laboratoires du CNRS – dont 14 rattachés à CNRS Physique – ont accepté avec enthousiasme de participer à ce projet. Elles sont convaincues de l’importance de parler à la jeune génération, soucieuses de l’image fausse et stéréotypée que les élèves peuvent avoir du métier de physicien, et animées par l’envie de partager leur passion.

Près de 800 élèves, issus de 7 lycées et 21 collèges franciliens des académies de Créteil, Paris et  Versailles ont participé au projet. Les classes choisies, 3ème et 2nde, correspondent à des moments-clés de l’orientation des élèves. Les établissements sont pour beaucoup situés en zone prioritaire ou en milieu rural, avec des élèves qui n’ont pas accès aux laboratoires. Ils ont dans un premier temps accueilli une des 28 physiciennes qui leur a parlé de son métier, de son parcours, du sujet sur lequel elle mène des recherches. Puis ils ont travaillé en classe, filles et garçons ensemble, pour produire un portrait de la physicienne (articles, affiches, BD, podcast, dessins animés, vidéos…) s’engageant ainsi de façon approfondie dans la découverte de l’univers de la recherche en physique. Ces productions sont consultables en ligne.

Un événement pour la Journée internationale des femmes et des filles de science

Ce 11 février 2026, plus de 200 élèves accompagnés de leurs enseignantes et enseignants, se sont donnés rendez-vous au Lycée Pierre-Gilles de Gennes-ENCPB situé dans le 13ème arrondissement de Paris pour retrouver « leurs » physiciennes. L’évènement, introduit par Cécile Bruyère, Inspectrice générale, doyenne du groupe Physique-Chimie, et Thierry Dauxois, directeur de CNRS Physique, débute par un interlude théâtral de la Compagnie des ondes : « Dans la peau de Marie Curie, Emilie du Châtelet et Ada lovelace ». Un binôme mixte de chaque classe a ensuite l’opportunité de monter sur scène, non seulement pour présenter son travail, mais aussi pour échanger directement avec les chercheuses et ingénieures de CNRS Physique, en leur posant des questions. Une expérience qui révèle la créativité des élèves, confirme leur intérêt pour les sciences physiques et, à travers les réponses aux questions, donne une image des physiciennes d’aujourd’hui plus conforme à la réalité des laboratoires.

Pour rythmer la journée, des quiz interactifs sont proposés aux élèves. Ces animations, à la fois pédagogiques et divertissantes, abordent des concepts de physique de manière ludique, tout en sensibilisant aux stéréotypes de genre qui freinent encore trop de jeunes filles dans leur orientation scientifique. Pour apporter aux élèves les réponses aux quiz, Thierry Dauxois est resté présent tout au long de l’événement. Il rappelle avec force l’importance de la diversité dans la recherche :

Si la physique, et les sciences plus généralement vous intéressent, il ne faut pas avoir peur de faire des études scientifiques. Vous y découvrirez des choses passionnantes et aussi une façon de penser le monde.

Et bien sûr que vous soyez une fille ou un garçon. Beaucoup trop d’entre vous, chères collégiennes et lycéennes, pensez encore que la physique, ce n’est pas pour vous. Mes 28 collègues vous ont prouvé le contraire, j’en suis certain. Votre génération peut faire naître un avenir plus bienveillant, où chacune et chacun aura sa place, et où, ensemble, vous ferez avancer la science pour imaginer des réponses aux défis du monde d’aujourd’hui.
Thierry Dauxois, Directeur de CNRS Physique

Cette initiative, qui a su rassembler des jeunes de tous horizons, marque une étape importante dans l’engagement de CNRS Physique pour une science plus inclusive/paritaire. Et cette première édition francilienne n’est qu’un début. L’ambition est claire : étendre ce projet dès l’année prochaine à d’autres collèges et lycées, issus d’académies de toute la France. L’objectif ? Faire rayonner les actions de sensibilisation de CNRS Physique sur tout le territoire et toucher toujours plus de jeunes, en particulier les filles, pour qu’elles et ils osent, à leur tour, se projeter dans les métiers scientifiques et devenir les physiciennes et les physiciens dont le monde a plus que jamais besoin.

J’ai beaucoup apprécié intervenir en classe de 3ème au collège Courteline dans le cadre du projet « Physicienne : pourquoi pas moi ? », porté par CNRS Physique. Ce projet a une véritable valeur ajoutée par rapport à des interventions sporadiques. En effet, il offre un cadre structurant : la préparation en amont d’un portrait à travers des questions réfléchies, le déroulé de la séance, et, je l’espère, des retombées durables pour les élèves.

Grâce à l’accompagnement de leur professeure, les élèves avaient préparé une série de questions très pertinentes, qui ont donné lieu à un échange riche et dynamique. Lors de l’intervention, j’ai été particulièrement heureuse de constater la forte participation des filles, un point très positif à mes yeux. Les élèves étaient actifs, moteurs et très engagés.

Enfin, j’ai adoré leur interview sous forme de podcast : leur réalisation m’a impressionnée et je la trouve très réussie!
Camille Scalliet , Chercheuse en physique statistique au Laboratoire de physique de l’ENS

Les 28 femmes scientifiques ayant participé au projet "Physicienne Pourquoi Pas Moi !"

Ada Altieri – Enseignante-chercheuse de l'Université Paris Cité en physique théorique des systèmes désordonnés au laboratoire Matière et systèmes complexes (MSC, CNRS/Université Paris Cité) 

Médaille de bronze du CNRS 2025

Lou Barreau – Enseignante-chercheuse de l'Université Paris-Saclay en physique moléculaire ultrarapide à l’Institut des sciences moléculaires d’Orsay (ISMO, CNRS/Université Paris-Saclay)

Alessandra Benuzzi – Chercheuse CNRS en physique des plasmas générés par laser au Laboratoire pour l’utilisation des lasers intenses (LULI, CNRS/École Polytechnique/Sorbonne Université) 

Médaille de bronze du CNRS 2003

Ambre Bouillant – Chercheuse CNRS en matière molle expérimentale au laboratoire Matière et systèmes complexes (MSC, CNRS/Université Paris Cité)
Lorena Ballesteros – Post-doctorante de CY Cergy Paris Université en physique quantique au Laboratoire de physique théorique et modélisation (LPTM, CY Cergy Paris Université/CNRS)
Marta de Frutos – Chercheuse CNRS à l’interface physique-biologie au Laboratoire de physique des solides (LPS, CNRS/Université Paris-Saclay)
Meriem Djendli – Ingénieure de l'Université Paris-Saclay en biologie expérimentale et instrumentation à l’Institut des sciences moléculaires d’Orsay (ISMO, CNRS/Université Paris-Saclay)
Olivia du Roure – Chercheuse CNRS en physique du vivant et de la matière molle au Laboratoire de physique et mécanique des milieux hétérogènes (PMMH, ESPCI Paris/CNRS)

Pascale Fabre – Chercheuse CNRS sur la dégradation du plastique dans l’environnement au Laboratoire Charles Coulomb (L2C, CNRS/Université de Montpellier) 

Ambassadrice médiation de CNRS Physique 2025

Laura Hernandez – Enseignante-chercheuse de CY Cergy Paris Université en physique des systèmes complexes au Laboratoire de physique théorique et modélisation (LPTM, CY Cergy Paris Université/CNRS)
Sarah Houver – Enseignante-chercheuse de l'Université Paris Cité en interaction lumière-matière au laboratoire Laboratoire Matériaux et Phénomènes Quantiques (MPQ, CNRS/Université Paris Cité)

Emmanuelle Jal – Chercheuse CNRS en magnétisme au Laboratoire de Chimie Physique Matière et Rayonnement (LCPMR, CNRS/Sorbonne Université) 

Médaille de bronze du CNRS 2023

Tamanna Jain – Post-doctorante de l'ENS-PSL en cosmologie et physique gravitationnelle au Laboratoire de physique de l’École normale supérieure (LPENS, ENS-PSL/CNRS/Sorbonne Université/Université PSL)
Caroline Kulcsar – Enseignante-chercheuse de l'Université Paris-Saclay en sciences de l’ingénierie au Laboratoire Charles Fabry (LCF, Institut d'Optique Graduate School/CNRS/Université Paris-Saclay)
Justine Laurent – Ingénieure CNRS en développement instrumental au laboratoire Gulliver (GULLIVER, ESPCI Paris/CNRS)
Albane Lapras – Doctorante de Sorbonne Université en physique quantique au Laboratoire Kastler Brossel (LKB, CNRS/ENS Paris/Sorbonne Université/Collège de France)
Nathalie Lidgi-Guigui – Physicienne du vivant de l'Université Sorbonne Paris Nord au Laboratoire des Sciences des Procédés et des Matériaux (LSPM, CNRS/Université Sorbonne Paris Nord)
Sandrine Mariot – Ingénieure de recherche CNRS en développement instrumental pour la matière molle au Laboratoire de physique des solides (LPS, CNRS/Université Paris-Saclay)

Sylvia Matzen – Enseignante-chercheuse de l'Université Paris-Saclay en nanosciences au Centre de Nanosciences et Nanotechnologies (C2N, CNRS/Université Paris-Saclay) 

Médaille de bronze du CNRS 2021

Julie Meunier – Chercheuse en fluides géophysiques au Département des sciences de la Terre de l’Université de Cambridge (UK)

Martina Morassi – Ingénieure de Recherche CNRS en élaboration de matériaux pour l’optique au Centre de Nanosciences et Nanotechnologies (C2N, CNRS/Université Paris-Saclay) 

Cristal collectif du CNRS 2023

Alexandra Mougin – Chercheuse CNRS en nanomagnétisme au Laboratoire de physique des solides (LPS, CNRS/Université Paris-Saclay)

Ambassadrice "La Science taille XX elles"

Pauline Rovillain – Enseignante-chercheuse de Sorbonne Université en magnétisme et acoustique à l’Institut des NanoSciences de Paris (INSP, CNRS/Sorbonne Université) 

Médaille de bronze du CNRS 2024

Camille Scalliet – Chercheuse CNRS en physique statistique au Laboratoire de Physique de l’École normale supérieure (LPENS, ENS-PSL/CNRS/Sorbonne Université/Université PSL)

Ambassadrice "La Science taille XX elles"

Cécile Sykes – Physicienne du vivant du CNRS au Laboratoire de Physique de l’École normale supérieure (LPENS, ENS-PSL/CNRS/Sorbonne Université/Université PSL) 

Ambassadrice médiation de CNRS Physique 2026

Laurence Talini – Physicienne de la matière molle du CNRS au Laboratoire Surface du verre et interface (SVI, CNRS/Saint-Gobain)

Aline Vernier – Ingénieure de recherche de l'École polytechnique en instrumentation au Laboratoire d’optique appliquée (LOA, CNRS/ENSTA Paris/École Polytechnique) 

Médaille de cristal du CNRS 2024

Aleksandra Walczak – Théoricienne en physique du vivant du CNRS au Laboratoire de physique de l’École normale supérieure (LPENS, ENS-PSL/CNRS/Sorbonne Université/Université PSL) 

Médaille de bronze du CNRS 2016 et Médaille d’argent du CNRS 2024

Contact

Séverine Martrenchard
Déléguée scientifique Éducation, médiation et culture scientifiques à CNRS Physique
Communication CNRS Physique