Alessandra Benuzzi-MounaixChercheuse CNRS au Laboratoire pour l’utilisation des lasers intenses (LULI)
Chocs laser et équations d’état
Comprimer la matière jusqu’à des dizaines de millions d’atmosphères en focalisant un laser de puissance et en mesurer les propriétés. C’est en quelques mots ce que fait Alessandra Benuzzi Mounaix, au Laboratoire pour l’utilisation des lasers intenses. Les principaux résultats de la jeune Italienne de 33 ans portent de fait sur l’utilisation des chocs laser dans des cibles structurées pour en mesurer les équations d’état. « La connaissance des propriétés de la matière fortement comprimée est essentielle dans les domaines de la fusion par confinement inertiel et de la planétologie », précise-t-elle. Pendant sa thèse à l’École polytechnique, Alessandra Benuzzi Mounaix a planché avec succès sur la première étape nécessaire à l’utilisation des lasers : générer une onde de choc de bonne qualité et ensuite tester la méthode pour déterminer les équations d’état. « La méthode utilisée se base sur la mesure de la vitesse de choc dans deux matériaux : l’un de référence et l’autre qu’on étudie », explique-t-elle. Deuxième étape : elle s’attache désormais à étudier des matériaux présentant un intérêt en planétologie (comme le fer et l’eau) dont le comportement à hautes pressions n’est pas bien connu. Dans ces expériences, un phénomène encore jamais observé a été mis en évidence : la métallisation de l’eau au-delà d’une certaine pression. Ceci pourrait expliquer les champs magnétiques très importants d’Uranus et Neptune.
Enthousiasmée par ses travaux, Alessandra Benuzzi Mounaix s’est attaquée récemment à l’étude des chocs radiatifs dans les gaz, dans le cadre d’expériences d’astrophysique en laboratoire.