CNRS Physique publie sa feuille de route Transition environnementale 2026-2030
CNRS Physique dévoile sa feuille de route 2026-2030 pour diminuer l’empreinte environnementale des recherches menées en son sein, tout en en préservant la qualité scientifique. Il s’inscrit dans la trajectoire du Schéma directeur développement durable et responsabilité sociétale du CNRS et déploie cette démarche au sein de ses laboratoires.
Dans le contexte ministériel d’une trajectoire de baisse des émissions de 5% par an, l’institut propose une stratégie de diminution de l’empreinte des recherches menées en son sein. CNRS Physique mise sur une approche opérationnelle et qualitative : la mutualisation des équipements et l’échange de bonnes pratiques entre laboratoires. Ainsi, chaque unité pourra contribuer à l’objectif commun, en agissant dès maintenant avec les leviers concrets mis à sa disposition.
Avant de définir cette feuille de route, quatre groupes de travail thématiques ont été constitués au sein de du réseau des référentes et référents Transition Environnementale dans les laboratoires de CNRS Physique. Ayant pour thématiques « Achats & Maintenance », « Instrumentation lourde », « Missions » et « Numérique », ces groupes de travail ont proposé à la communauté des pistes d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre et de préservation des ressources.
Privilégier la mutualisation, le réemploi et le partage des équipements scientifiques
Les achats constituent le premier poste d’émissions de gaz à effet de serre de CNRS Physique. Leur impact, aujourd’hui évalué principalement via des facteurs monétaires, reste difficile à mesurer, et le CNRS travaille actuellement à mieux le définir. Malgré cette complexité, l’institut s’engage à promouvoir une démarche de sobriété matérielle en ciblant prioritairement le prolongement de la durée de vie des équipements, le partage et l’optimisation de l’existant.
Plusieurs obstacles entravent la mise en œuvre de ces actions : difficulté à répertorier les équipements existants, manque d’outils numériques partagés pour faciliter la mutualisation et méconnaissance des plateformes déjà disponibles. Ces défis, partagés par l’ensemble des instituts du CNRS, appellent une réponse collective. CNRS Physique s’engage donc à contribuer activement au travail national engagé par le CNRS pour déployer des outils ergonomiques de mutualisation.
La Matosthèque, un outil pour partager du matériel scientifique dans son laboratoire
Amplifier les démarches de sobriété énergétique déjà engagées
Les unités de CNRS Physique sont déjà engagées dans des démarches visant à optimiser la consommation énergétique de leurs infrastructures expérimentales. CNRS Physique s’engage à suivre l’évolution et l’optimisation de la consommation énergétique de ses infrastructures expérimentales, en particulier les équipements les plus énergivores, et en généralisant les solutions déjà éprouvées (mutualisation, optimisation des installations, modulation des plages d’utilisation, récupération de la chaleur fatale, etc.).
Une ANF sur la performance énergétique des systèmes de traitement d'air des espaces de recherche climatisés
Les opérations de traitement de l’air des infrastructures de recherche et laboratoires hébergeant de l’instrumentation « lourde » représentent une part importante de leur consommation énergétique et donc de l’empreinte carbone correspondante. CNRS Physique propose dans sa feuille de route 2026 de mettre en place une Action Nationale de Formation (ANF) autour de cet enjeu.
L’institut a donc enquêté ses communautés de recherche et leurs services support de mieux afin de définir le périmètre d’une telle formation, le public concerné, les besoins communs et les différences suivant les domaines de recherche. Les résultats de l’enquête sont disponibles sur HAL.
Un objectif ambitieux mais réaliste pour les déplacements professionnels
Entre 2019 et 2024, les émissions liées aux déplacements professionnels ont diminué d’environ 40%. CNRS Physique se donne pour objectif de consolider cette dynamique pour parvenir à 50% de réduction des émissions d’ici 2030 par rapport à 2019, à l’échelle collective de ses laboratoires et sans compromettre les échanges scientifiques essentiels. Chaque unité sera invitée à décliner cet objectif global en cibles adaptées à ses spécificités, en s’appuyant sur les bilans des émissions de gaz à effet de serre (BGES) réguliers et en priorisant le report modal de l’avion vers le train.
Prolonger la durée de vie des équipements numériques et optimiser les usages logiciels
Un usage responsable du numérique, en particulier à l'ère de l'IA, représente un levier important pour réduire l’empreinte environnementale de CNRS Physique, tant par la gestion du matériel que par l’optimisation des logiciels. À l’échelle nationale, le CNRS a déjà engagé des actions structurantes pour allonger la durée de vie des équipements (ex : révision des marchés publics pour les extensions de garantie, promotion de la réparation et du reconditionnement). Par ailleurs, la consommation énergétique du calcul scientifique peut être réduite en s’inspirant des préconisations générales du Groupement de Recherche et de Service (GDRS) EcoInfo. L’institut s’engage à relayer ces directives et à amplifier leur mise en œuvre au sein des laboratoires, tout en poursuivant les efforts sur les logiciels et les pratiques numériques responsables