ERC Proof of Concept 2026 : 6 projets lauréats à CNRS Physique
Le Conseil européen de la recherche (ERC) vient d'annoncer la liste des projets qui ont obtenu une bourse « Proof of Concept » 2026, un financement complémentaire visant à soutenir les premières étapes de valorisation des résultats de recherche afin d’en explorer le potentiel d’innovation commerciale et sociale. Six physiciens et physicienne de laboratoires rattachés à CNRS Physique sont lauréats de la première vague. Le CNRS est l'institution hôte de quatre de ces projets.
AtoMIc-based - Quantum magnetometry meets Ultrasound for Medical Early Detection
L'institution hôte du projet AtoMIc-based est Sorbonne Université.
Le projet AtoMIc-based est porté par Quentin Glorieux
Quentin Glorieux est enseignant-chercheur Sorbonne Université au Laboratoire Kastler Brossel (LKB, CNRS / Collège de France / ENS - PSL / Sorbonne Université)
ERCLAPHO - ERror-free CLAdded PHOtonic circuits
Les imprécisions nanométriques de fabrication des circuits photoniques intégrés (PIC) induisent des erreurs de phase optique, avec de multiples impacts négatifs. Les techniques actuelles de contournement des erreurs dégradent le bilan énergétique des PIC, augmentent leur complexité, leur coût, et réduisent leur capacité de passage à l’échelle. L’objectif d’ERCLAPHO est de mettre au point une nouvelle technique pour corriger de manière permanente ces erreurs de fabrication dans les PIC. La technique est non volatile, spécifique, n’entraîne aucune perte optique additionnelle, atteint une précision de l’ordre du picomètre en longueur d’onde, et elle permet un passage à l’échelle. ERCLAPHO s’appuie sur une technologie brevetée issue des projets de recherche de l’ERC, et désormais validée sur des circuits intégrés photoniques (PIC) non encapsulés, fabriqués à partir de silicium et de semi-conducteurs III-V. ERCLAPHO adaptera cette technologie aux circuits intégrés photoniques encapsulés dans une gaine de protection, qui constituent aujourd’hui le principal enjeu industriel, et pour lesquels il n’existe aucune solution pleinement satisfaisante.
Le CNRS est l'institution hôte du projet ERCLAPHO.
Le projet ERCLAPHO est porté par Ivan Favero
Ivan Favero est directeur de recherche CNRS au laboratoire Matériaux et Phénomènes Quantiques (MPQ, CNRS / Université Paris Cité)
CORAMI - Quantum-inspired Correlation-Based Adaptive Optics for Microscopy
Le projet CORAMI vise à valider la viabilité de l'Optique Adaptative basée sur les Corrélations (CAO), une approche innovante qui s'appuie sur les corrélations optiques pour corriger les aberrations dans les microscopes. La CAO a pour vocation de devenir une solution universelle d'optique adaptative capable de corriger les aberrations et d'améliorer les performances d'une grande variété de microscopes, répondant ainsi aux besoins de deux marchés vastes et dynamiques : la recherche en biologie et le diagnostic médical. Grâce à la CAO, les biologistes, neuroscientifiques, dermatologues, ophtalmologistes et autres utilisateurs quotidiens de microscopie seront en mesure de réaliser des images in vivo à de plus grandes profondeurs (> 1 mm) et au sein d'échantillons biologiques plus complexes, tout en préservant la résolution optique (< 1 μm) et le contraste de l'image. Conçue comme un module additionnel, la CAO s'intégrera parfaitement à n'importe quel microscope existant sans perturber les habitudes des utilisateurs – une caractéristique essentielle pour son adoption à grande échelle. En améliorant les performances des microscopes, la CAO a le potentiel de catalyser des découvertes révolutionnaires en biologie et d'améliorer les diagnostics médicaux.
Le CNRS est l'institution hôte du projet CORAMI.
Le projet CORAMI est porté par Hugo Defienne
Hugo Defienne est chargé de recherche CNRS à l'Institut des nanosciences de Paris (INSP, CNRS / Sorbonne Université)
MAGMA - Amplification et confinement extrêmes de champs micro-ondes à l'échelle nanométrique
Depuis plus d'un siècle, les ondes électromagnétiques dans la gamme des MHz au GHz ont révolutionné la technologie ; pourtant, leur génération reste limitée par des dimensions macroscopiques. Cette contrainte freine l'innovation, car les systèmes modernes exigent un contrôle précis du champ électromagnétique à l'échelle nanométrique, un domaine largement inaccessible aux sources conventionnelles.
Pour répondre à ce défi, ce projet propose une technologie innovante conçue pour permettre une manipulation intense et localisée du champ électromagnétique. En élaborant des structures avec une précision nanométrique, cette approche permet un confinement inédit du champ, atteignant des facteurs d'amplification supérieurs à dix millions.
L'objectif de cette preuve de concept est de valider ces propriétés exceptionnelles à l'aide de la microscopie quantique à base de diamant. À terme, cette plateforme technologique ouvrira des perspectives majeures dans des secteurs de pointe, allant des architectures quantiques au stockage de données haute performance, en passant par la microélectronique.
Le CNRS est l'institution hôte du projet MAGMA.
Le projet MAGMA est porté par Mathieu Mivelle
Mathieu Mivelle est chargé de recherche CNRS à l'Institut des nanosciences de Paris (INSP, CNRS / Sorbonne Université)
RF-ImagingNet - Spintronic RF Neural Front-Ends for Embedded Microwave Sensing
Le CNRS est l'institution hôte du projet RF-ImagingNet.
Le projet RF-ImagingNet est porté par Julie Grollier
Julie Grollier est directrice de recherche CNRS au Laboratoire Albert Fert (LAF, CNRS / Thales)
SuperQuSense - SUPERconducting circuits for QUantum SENSing of microwave radiations
Le projet SUPERQuSENSE s'appuie sur une technologie développée dans le cadre de son ERC Starting Grant INGENIOUS : le Single Microwave Photon Detector (SMPD), un détecteur quantique capable de compter individuellement des photons micro-ondes, les particules élémentaires qui transportent les signaux électromagnétiques dans cette gamme de fréquences.
Développé à partir de circuits supraconducteurs issus des technologies quantiques, ce détecteur atteint une sensibilité qui dépasse celle des détecteurs conventionnels et permet de s'affranchir de la limite quantique standard qui contraint aujourd'hui la détection de signaux extrêmement faibles. Là où les détecteurs conventionnels mesurent un signal global, le SMPD est capable de détecter directement ces photons un à un.
L'institution hôte du projet AtoMIc-based est le CEA. En savoir plus sur ce projet sur le site internet du CEA.
Le projet SuperQuSense est porté par Emmanuel Flurin
Emmanuel Flurin est chercheur CEA au Service de physique de l'état condensé (SPEC, CEA / CNRS)