Hugo BauduinTechnicien de l'Université Paris-Saclay à l'Institut des sciences moléculaires d’Orsay (ISMO)
Hugo Bauduin, la soudure de précision au service de la physique
Jonglant avec la soudure de haute précision et les conditions de l’ultravide, Hugo Bauduin transforme des contraintes expérimentales extrêmes en dispositifs sur mesure au service de la physique fondamentale. Technicien supérieur en réalisation mécanique à l’Institut des sciences moléculaires d’Orsay (ISMO, CNRS / Université Paris-Saclay), il s’est imposé en quelques années comme un spécialiste des enceintes à vide d’une grande complexité. Certaines doivent fonctionner à très haute température, d’autres laisser circuler des lasers ou des faisceaux de particules sans perdre leur parfaite étanchéité. Un travail minutieux, mené en étroite collaboration avec les chercheurs, où chaque projet impose d’inventer de nouvelles solutions techniques. En plus de l’ISMO, son savoir-faire s’exporte au qu’au laboratoire Physique des lasers, atomes et molécules (PhLAM) de Lille ainsi qu’au Laboratoire Kastler Brossel (LKB) à Paris.
Après un bac professionnel de technicien d’usinage, ce passionné de mécanique intègre l’Institut de chimie physique à seulement 20 ans, puis rejoint l’Institut des sciences moléculaires d’Orsay (ISMO) en 2018, sur le plateau de Saclay, où il se spécialise progressivement dans la fabrication d’enceintes à vide et à ultravide. Attiré très tôt par ces techniques exigeantes, il apprend d’abord la soudure par lui-même, avant de se perfectionner grâce à une formation spécialisée. « C’est un vrai savoir-faire, explique-t-il. Il faut être très minutieux, avoir beaucoup de patience, et surtout accumuler énormément d’expérience. »
À l’atelier mécanique de l’ISMO, où il travaille avec deux collègues techniciens et le bureau d’études du laboratoire, Hugo Bauduin participe à toutes les étapes de fabrication : réflexion technique, usinage, assemblage et soudure. Chaque projet commence par une discussion avec les chercheurs, afin d’imaginer des solutions adaptées aux contraintes expérimentales. « On ne fait jamais deux fois la même pièce, ni de la même manière, raconte-t-il. C’est ça qui est intéressant : réfléchir ensemble à des choses qu’on croit parfois impossibles à fabriquer. »
Parmi les réalisations qui ont marqué son parcours figurent plusieurs enceintes à vide particulièrement complexes. Pour le Laboratoire Kastler Brossel, à Paris, il a fabriqué une enceinte destinée à la préparation d’atomes froids, dont les nombreux accès devaient être positionnés avec une précision extrême afin de préserver l’étanchéité du dispositif. Des réalisations où la moindre imperfection peut compromettre l’étanchéité nécessaire aux expériences.
Hugo Bauduin travaille toujours au plus près des équipes de recherche, avec lesquelles il échange tout au long des projets. Une dimension collective qu’il apprécie particulièrement. « Nous sommes un peu le dernier maillon avant l’expérience scientifique, explique-t-il. Quand les chercheurs reviennent nous dire que ça fonctionne et qu’ils ont obtenu des résultats, c’est toujours une grande satisfaction. »