Image au microscope électronique à balayage d’un disque optomécanique.
© Andrea Barbero et al., Physical Review Letters, 2026
Imprimer

Un disque optomécanique dans son état fondamental de vibration

Résultat scientifique

En utilisant la lumière comme sonde, des scientifiques viennent de démontrer que des disques optomécaniques micrométriques pouvaient atteindre à très basse température un régime quantique caractérisé par une absence totale de vibrations spontanées, une étape importante pour manipuler leurs vibrations quantiques, pour des applications en ingéniérie des capteurs et en information quantique. 

Références :

Andrea Barbero, Samuel Pautrel, Bertrand Evrard, Jérémy Bon, Romain Dezert, Aristide Lemaître, Adrien Borne, Ivan Favero, Optomechanical Disk Resonator in the Quantum Ground State of Motion, Physical Review Letters (2026).
DOI : 10.1103/r7gg-w6kg
Archive ouverte : HAL

À température ambiante, les atomes qui constituent un objet oscillent en permanence et de façon désordonnée sous l'effet de l'agitation thermique. Pour révéler les propriétés quantiques d'un dispositif mécanique, cette agitation doit être quasiment supprimée, ce qui s’obtient en refroidissant le plus possible le dispositif. Une façon d’accéder alors à la mesure de la température résiduelle du système est de coupler son mouvement à de la lumière et de mesurer cette dernière.

Ces recherches ont été menées dans les laboratoires CNRS suivants :

  • Laboratoire Matériaux et Phénomènes Quantiques (MPQ, CNRS / Université Paris Cité)
  • Centre de Nanosciences et de Nanotechnologies (C2N, CNRS / Université Paris-Saclay)

Dans un travail récent, des chercheurs et chercheuses ont ainsi pour observer et quantifier le refroidissement d’un disque optomécanique, à un stade ultime où ce dernier se trouve majoritairement dans son état quantique fondamental de vibration, le « vide de phonon ».  Les disques utilisés sont des objets de taille micrométrique en matériau semiconducteur (arséniure de gallium), dont la fréquence naturelle de vibration se situe dans le domaine du gigahertz.  Au fil des années, ils ont été à la base de nombreuses avancées en tant que capteurs : en magnétométrie, en rhéologie haute fréquence des fluides, dans la mesure de masse d’objets nanoscopiques individuels – mais seulement dans le régime classique, où tout effet quantique est complètement négligeable.

Pour atteindre le régime quantique, les scientifiques ont tout d’abord refroidi le dispositif dans un réfrigérateur à dilution dont la température est proche de 10 millikelvins. Ils ont ensuite sondé son état de vibration en utilisant alternativement deux lasers : l’un dont la fréquence est légèrement inférieure à la fréquence de résonance optique du disque et l’autre légèrement supérieure, le décalage spectral correspondant à la fréquence de vibration du disque. Ceci permet alors de quantifier les processus de création et d’annihilation de phonons, les excitations élémentaires de vibration du système. Lorsque le résonateur atteint son état fondamental, l'annihilation d'un phonon devient extrêmement improbable puisqu'il n'y a pratiquement plus de vibration à supprimer. La comparaison des taux d’occurrence de ces deux processus fournit alors une mesure directe de l'occupation quantique du mode mécanique. Les mesures ont révélé une occupation moyenne de 0,66 +/- 0,2 phonons dans le résonateur, soit une probabilité d'environ 60% que le résonateur se trouve dans son état fondamental. Par ce résultat, les chercheurs et chercheuses ont ainsi montré que le régime de très basse température, dans lequel il est possible de manipuler, compter, ajouter, soustraire, les vibrations quantiques de disques optomécaniques, est désormais accessible. Ces travaux sont publiés dans les Physical Review Letters.

Figure : Image au microscope électronique à balayage d’un disque optomécanique.
Figure : image au microscope électronique à balayage d’un disque optomécanique.
Mesure de thermométrie par comptage de photons lors des échanges d’énergie entre la lumière et les vibrations mécaniques du disque.
Figure : mesure de thermométrie par comptage de photons lors des échanges d’énergie entre la lumière et les vibrations mécaniques du disque : en bleu (resp. rouge) les photons associées à la création (resp. l’annihilation) de phonons. A faible puissance optique, le disque atteint une occupation moyenne inférieure à 1 phonon.

Les résultats scientifiques de CNRS Physique

Retrouvez tous les résultats scientifiques de CNRS Physique

 

Communiquer sur son résultat scientifique à CNRS Physique

Vous travaillez dans une unité rattachée à CNRS Physique ? Vous pouvez nous proposer vos résultats marquants pour communication. Retrouvez toutes les informations dans la fiche communiquer à CNRS Physique !

Contact

Ivan Favero
Directeur de recherche du CNRS au laboratoire Matériaux et Phénomènes Quantiques (MPQ)
Communication CNRS Physique