Découvrez les médailles d'argent et de bronze de CNRS Physique en 2026

Distinction

Le CNRS dévoile ses médaillées et médaillés de bronze et d'argent 2026. Parmi elles et eux, 9 travaillent dans des sections ou de laboratoires rattachés à CNRS Physique. Découvrez les travaux et parcours de ces femmes et ces hommes qui ont fortement contribué au rayonnement et à l’avancée de la recherche en physique.

Les médailles d'argent à CNRS Physique en 2026

La médaille d’argent distingue des chercheurs et des chercheuses pour l’originalité, la qualité et l’importance de leurs travaux, reconnus sur le plan national et international.

Virginie Chamard, décrypter l’organisation des cristaux

Spécialiste de l’imagerie aux rayons X, Virginie Chamard développe des méthodes pour sonder la matière à l’échelle nanométrique. À l’Institut Fresnel, à Marseille, où elle est directrice de recherche au CNRS, elle a développé « la ptychographie de Bragg », une méthode d’imagerie par diffraction permettant l’étude de cristaux complexes. En combinant maîtrise expérimentale et traitement algorithmique, elle parvient à observer leur organisation et leurs déformations avec une précision inédite.

Elle s’intéresse notamment aux biominéraux — coquilles, coraux ou micro-organismes calcifiants — et cherche à comprendre comment ces structures se forment et s’assemblent. En dialoguant avec physiciennes et physiciens, chimistes et biologistes, elle explore la manière dont le vivant élabore des structures complexes aux propriétés optimisées. Ses travaux ouvrent des perspectives notamment en biomimétisme, pour concevoir des matériaux inspirés de ces architectures naturelles.

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Julien Laurat, sur la piste des réseaux quantiques

Arrêter la lumière pour mieux faire circuler l’information quantique : c’est le cœur des recherches de Julien Laurat. Son objectif est de construire des réseaux quantiques capables de relier entre eux ordinateurs, capteurs et dispositifs de communication quantique, depuis l’échelle d’un laboratoire jusqu’à celle de réseaux à grande distance.

Au Laboratoire Kastler Brossel (LKB), à Paris, ce spécialiste d’optique quantique, professeur à Sorbonne Université, développe des dispositifs capables de contrôler des photons en les faisant interagir avec des atomes refroidis par laser. Ces travaux débouchent par exemple sur des mémoires quantiques qui permettent de synchroniser des opérations, une fonctionnalité au cœur des réseaux.

Depuis une dizaine d’années, il a ajouté à sa boite à outils des dispositifs nanophotoniques, qui permettent de mieux confiner la lumière et de renforcer ses interactions avec les atomes froids. Une recherche au long cours, à la frontière entre physique fondamentale et ingénierie de pointe.

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Sébastien Manneville, sonder la matière molle en mouvement

Spécialiste de la matière molle au Laboratoire de physique de l’ENS de Lyon (LPENSL), Sébastien Manneville explore ces matériaux aux propriétés déroutantes, capables de se comporter à la fois comme des solides et des liquides selon les contraintes qu’on leur applique. Professeur à l’ENS de Lyon, il développe des outils expérimentaux combinant des mesures mécaniques et de l’imagerie ultrasonore pour sonder leur comportement lorsqu’ils s’écoulent. Il suit leurs transformations au niveau mésoscopique, où s’organisent des structures de taille intermédiaire entre les molécules et le matériau lui-même.

Ses travaux mettent en évidence les phénomènes complexes, faits d’instabilités, d’hétérogénéités, de transitions hors équilibre, qui gouvernent la mise en mouvement ou la rupture de ces systèmes. La compréhension de ces mécanismes ouvre des perspectives dans de nombreux domaines, depuis les batteries solides jusqu’aux matériaux biosourcés, en passant par l’agroalimentaire ou le nucléaire, et pour la conception de matériaux optimisés plus sobres en ressources.

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Delphine Marris-Morini, le silicium pour manipuler la lumière

Professeure à l'Université Paris-Saclay depuis 2015, Delphine Marris-Morini développe ses recherches au Centre de Nanosciences et de Nanotechnologies (C2N). Ses travaux portent sur la photonique silicium, l’optique intégrée, les matériaux de l’électronique afin de développer des composants optiques pour les télécommunications et la spectroscopie. Elle est notamment l’une des pionnières des modulateurs optiques en silicium haute vitesse basés sur les variations de densité de porteurs libres, une technologie devenue une référence industrielle. « Mes recherches ont montré que le silicium pouvait être utile en optique. Cela a pris beaucoup d’ampleur, notamment auprès des industriels des télécoms ». En effet, ses recherches ont un impact direct sur le secteur de la haute technologie via des collaborations suivies notamment avec STMicroelectronics.

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Les médailles de bronze à CNRS Physique en 2026

La médaille de bronze récompense les premiers travaux consacrant des chercheurs et des chercheuses spécialistes de leur domaine. Cette distinction représente un encouragement du CNRS à poursuivre des recherches bien engagées et déjà fécondes.

Aurore Finco, cartographier les champs magnétiques complexes

Experte en microscopie à capteur quantique, Aurore Finco cartographie à l’échelle nanométrique les champs magnétiques de matériaux complexes, bien loin du simple aimant uniforme. Chargée de recherche au CNRS au Laboratoire Charles Coulomb (L2C), à Montpellier, elle observe des structures invisibles à l’œil nu, où les champs s’enroulent en spirales par exemple, ou se nouent selon des organisations plus complexes encore. Pour les révéler, elle s’appuie sur un défaut atomique du diamant utilisé comme sonde, capable d’imager ces textures magnétiques sans perturber les matériaux.

Elle a ensuite adapté cette technique pour observer les fluctuations et les excitations magnétiques, et mieux comprendre comment elles émergent dans des systèmes complexes comme les aimants bidimensionnels ou les matériaux antiferromagnétiques. À la croisée du développement instrumental et de la physique fondamentale, ses recherches ouvrent notamment des perspectives en spintronique.

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Anaïs Gauthier, comprendre les effets capillaires dans des films de savon

Anaïs Gauthier explore un monde en apparence familier — bulles, gouttes, films de savon — mais dont la physique ne cesse de surprendre. Chargée de recherche au CNRS à l’Institut de physique de Rennes (IPR), elle s’intéresse aux interfaces, là où fluides et particules interagissent et donnent naissance à des comportements inattendus. À la croisée de la mécanique des fluides et de la matière molle, elle cherche à comprendre comment les phénomènes à petite échelle déterminent les propriétés macroscopiques remarquables de ces systèmes.

Pour cela, elle développe des approches expérimentales originales, et conçoit des dispositifs permettant d’accéder à des propriétés des interfaces jusqu’’ici presque impossibles à mesurer. Ces travaux trouvent des applications dans de nombreux domaines, de l’agroalimentaire aux matériaux, en passant par le traitement des mousses dans l’industrie ou la compréhension des phénomènes à la surface des océans. 

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Sophie Meuret, sonder l’interaction électron-lumière

Observer comment la lumière jaillit de la matière, à l’échelle de quelques nanomètres et durant quelques nanosecondes : tel est le défi de Sophie Meuret. Spécialiste de l’interaction entre électrons et semi-conducteurs au Centre d’élaboration de matériaux et d’études structurales (CEMES), à Toulouse, la chercheuse au CNRS développe des techniques de microscopie électronique capables de suivre ces phénomènes en temps réel. En mesurant notamment le temps qui s’écoule entre l’excitation d’un matériau par un électron et l’émission de lumière, elle accède aux mécanismes en jeu dans les interactions entre atomes, électrons et photons. Ses recherches contribuent ainsi à relier les propriétés optiques des matériaux à leur structure.

Outre des applications potentielles pour les LED, les nano-lasers ou les sources de photons uniques, ces travaux donnent lieu à des transferts technologiques vers des instruments de microscopie électronique de nouvelle génération. Des avancées qui reposent sur un travail collectif indispensable dans son travail et qu’elle affectionne particulièrement, de la conception des instruments à l’élaboration des matériaux.

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Lucile Rutkowski, la spectroscopie en milieux extrêmes

Spécialiste de spectroscopie de précision, Lucile Rutkowski développe des instruments optiques capables de sonder en temps réel la cinétique de systèmes moléculaires hors équilibre, depuis les flammes jusqu’aux plasmas et aux jets de gaz supersoniques. Chargée de recherche au CNRS à l’Institut de physique de Rennes (IPR), elle s’appuie sur les peignes de fréquences optiques, pour dépasser le compromis classique entre sensibilité, résolution et rapidité. 

En adaptant ces outils issus de la métrologie à des environnements complexes et instables, elle ouvre la voie à une observation fine des réactions chimiques en temps réel. Ses travaux permettent ainsi d’accéder à des informations inédites sur la structure et la dynamique des systèmes moléculaires, à l’interface entre physique et chimie.

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Huasheng Shao, faire parler les données du LHC

Physicien des particules, Huasheng Shao développe des méthodes de calcul et des codes numériques pour interpréter les données des grandes expériences menées au Large Hadron Collider (LHC) du CERN. Chargé de recherche au CNRS au Laboratoire de physique théorique et hautes énergies (LPTHE), à Paris, il travaille à améliorer la précision des prédictions du modèle standard de la physique des particules, en particulier pour des processus complexes comme la production de paires de bosons de Higgs.

Il s’intéresse également aux quarkoniums, des systèmes formés de paires de quarks lourds liés par l’interaction forte. Ces objets constituent des sondes idéales pour explorer certaines échelles d’énergie intermédiaires difficiles d’accès. Avec ses travaux, Huasheng Shao contribue à tirer pleinement parti des données du LHC et à tester les limites du modèle standard.

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