Julie Grollier, lauréate 2026 du Prix Marius Lavet – Ingénieur et inventeur

Distinction

Lors de la 27ème édition du Prix Marius Lavet, Julie Grollier, chercheuse CNRS au Laboratoire Albert Fert (CNRS/Thales), s'est vue remettre le Prix Marius Lavet – Ingénieur et inventeur.

La Fondation Chéreau-Lavet décerne chaque année le Prix Marius Lavet, qui récompense les travaux d’un ou une ingénieur-inventeur français

La Fondation Chéreur‑Lavet, nommée en hommage à Marius Lavet (1891‑1980), ingénieur des Arts et Métiers qui a inventé le moteur pas à pas en 1936, et à son associé Louis Chéreau, chargé de la gestion des brevets, a pour vocation de promouvoir l’esprit d’invention des ingénieurs français et françaises. Créée en 1989 sous l’égide de la Fondation de France, elle attribue chaque année, depuis 2001, le Prix Marius Lavet : une dotation de 15 000 € décernée aux ingénieurs les plus expérimentés qui se distinguent par leurs travaux à la pointe de l’innovation scientifique et industrielle française, véritables moteurs du progrès technique actuel.

Julie Grollier, médaille d’argent du CNRS 2018

De 2001 à 2009, Julie Grollier a travaillé en spintronique et a été parmi les premières à démontrer la manipulation de la magnétisation dans des nanodispositifs grâce aux couples de spin, une avancée clé pour les mémoires MRAM à couple de spin (ST‑MRAM). Cette réalisation lui a valu le prix Jacques Herbrand de l’Académie des sciences.

De 2009 à 2016, elle s’est orientée vers l’informatique neuromorphique, où elle a inventé avec ses collègues des memristors spintroniques et ferroélectriques, des synapses artificielles sans migration ionique, très stables et économes en énergie. Cette contribution a conduit à son élection au statut de Fellow de l’American Physical Society.

En 2017‑2018, son équipe a montré que des nano‑oscillateurs pouvaient reconnaître en temps réel des chiffres et des voyelles parlés, prouvant que de minuscules dispositifs spintroniques peuvent réaliser des calculs neuronaux complexes en exploitant leurs propriétés physiques. 

Ses réalisations ont été honorées par plusieurs distinctions : dont la Médaille d’argent du CNRS en 2018.

Elle est actuellement directrice de recherche CNRS au Laboratoire Albert Fert (LAF, CNRS/Thales). Elle y explore la convergence entre physique, apprentissage automatique et neurosciences pour créer des réseaux neuronaux physiques capables de performances de calcul supérieures et d’une consommation énergétique réduite. Ces technologies visent des applications d’IA embarquée critiques - véhicules autonomes, diagnostic médical - offrant une intelligence locale, peu coûteuse et respectueuse de la vie privée, et contribuant ainsi à démocratiser l’accès à l’IA.

Le prix Marius Lavet – Ingénieur et inventeur décerné pour ses recherches qui révolutionnent l’informatique de demain

Les recherches qu’elle conduit en spintronique et en calcul neuromorphique, s’inspirant du fonctionnement du cerveau, ouvrent des perspectives exceptionnelles pour les technologies de demain. Grâce à son approche visionnaire, elle vise à concevoir une informatique nettement plus sobre en énergie tout en offrant des performances supérieures - une démarche qui incarne pleinement la mission confiée par Marius Lavet : rendre hommage aux ingénieurs dont l’inventivité transforme durablement la société. Ainsi, ses travaux dessinent les contours d’une informatique inspirée du cerveau, à la fois plus intelligente et davantage respectueuse de l’environnement.