Des membres du groupe Optique Quantique du LCF récompensés par la SFP et l'APS

Distinction

Plusieurs membres du groupe Optique Quantique du Laboratoire Charles Fabry se sont vu remettre des prix prestigieux. Antoine Browaeys est lauréat du prix Norman F. Ramsey 2026 de l'American Physical Society (APS). Antoine Browaeys et Thierry Lahaye sont co-lauréats du prix Yves Rocard 2025 de la Société Française de Physique (SFP), attribué également à Georges-Olivier Reymond de la société Pasqal et Christophe Jurczak du fonds d’investissement Quantonation. Ces deux derniers sont d’anciens doctorants du LCF.

Prix Norman F. Ramsey de l'American Physical Society (APS)

Le prix Norman F. Ramsey en physique atomique, moléculaire et optique, ainsi qu’en tests de précision des lois et symétries fondamentales, récompense des réalisations exceptionnelles dans les deux domaines de prédilection de Norman Ramsey : la physique atomique, moléculaire et optique, et les tests de précision des lois et symétries fondamentales.
Le prix comprend un chèque de 10 000 $, un certificat mentionnant les réalisations, ainsi qu’un soutien financier pour permettre au lauréat d’assister à la réunion annuelle du DAMOP, au cours de laquelle le prix est remis.

Le prix Norman F. Ramsey 2026 a été décerné à Antoine Browaeys, du groupe Optique Quantique du Laboratoire Charles Fabry (LCF, CNRS / IOGS), « pour des avancées fondamentales dans le traitement de l’information quantique à l’aide d’atomes neutres, permettant l’étude de problèmes à nombreux corps inaccessibles au calcul classique ».

Antoine Browaeys est un physicien expérimentateur au Laboratoire Charles Fabry, à la tête de l’équipe Optique Quantique - Atomes et spécialiste en manipulation d’atomes par laser.
Sa recherche vise à comprendre les propriétés quantiques d’un grand nombre de particules en interaction, ce que l’on appelle « le problème à N-corps ». Même si les physiciens savent décrire un grand nombre d’effets à partir de la connaissance des interactions entre ces particules, de nombreuses situations résistent à une description théorique satisfaisante. Il s’agit souvent de cas pour lesquels les interactions dominent. Leur approche d’expérimentateurs consiste à construire atome par atome des systèmes quantiques synthétiques et à contrôler les interactions à l’aide de lasers pour étudier des systèmes à N-corps modèles. Nous manipulons et observons ainsi tous les jours au laboratoire des atomes un à un, atomes dont on lui avait dit, lorsqu'il était étudiant, que l’on ne pouvait pas les voir !

Prix Yves Rocard de la Société Française de Physique (SFP)

Le prix Yves Rocard a été fondé par la Société Française de Physique (SFP) en 1992 pour récompenser un transfert de technologie réussi entre un laboratoire académique et une entreprise créée ou non par ce dernier. Il récompense donc une équipe de chercheuses et chercheurs répartie entre le monde de la recherche et le monde industriel.

Le Prix Yves Rocard 2025 de la Société Française de Physique (SFP) a été attribué à Antoine Browaeys et Thierry Lahaye, directeurs de recherche au CNRS du groupe Optique Quantique du Laboratoire Charles Fabry, Christophe Jurczak (Quantonation) et Georges-Olivier Reymond (PASQAL).

Ces lauréats sont les fondateurs de la start-up PASQAL, née en 2019, qui traduit en applications industrielles leurs travaux de recherche en simulation quantique. L’aventure débute il y a près de vingt ans avec les travaux d’Antoine Browaeys, qui utilisent des atomes de rubidium piégés et excités en états de Rydberg pour en faire des systèmes quantiques contrôlables. Le groupe de Browaeys et de Lahaye, parvient ensuite à organiser de grands réseaux d’atomes aux interactions maîtrisées, réalisant des simulations quantiques dépassant les capacités de calcul théorique.

PASQAL ambitionne aujourd’hui de rendre cette plateforme experte “fiabilisée” au niveau industriel : l’entreprise dispose d’un effectif de plus de 250 personnes et vise des réseaux de 10 000 qubits d’ici 2028, tout en déployant déjà des processeurs quantiques dans des centres de calcul haute performance. Le lien entre le LCF et la start-up est très étroit, assurant un transfert constant entre recherche fondamentale et applications concrètes.