© Parent/Olivier/2023

Quentin FicheuxChargé de recherche CNRS à l'Institut Néel

Starting Grant

Les recherches de Quentin Ficheux portent sur les circuits électroniques quantiques et leur utilisation comme qubits pour le calcul et la simulation quantiques. Il travaille notamment sur le fluxonium, un type de circuit supraconducteur à très forte impédance, qui peut être moins sensible au bruit que les qubits supraconducteurs classiques. Ses travaux ont contribué à l'obtention de temps de cohérence records sur cette plateforme, ainsi qu'à la réalisation de la première porte à deux qubits sur fluxonium. Plus récemment, il a participé au développement de l'encodage "Bifluxon", qui permet d'allonger la durée de vie du fluxonium sans compromettre sa fréquence.

Après l’agrégation et un master de physique à l'École normale supérieure de Lyon, il soutient une thèse à l'École normale supérieure de Paris sur la mesure quantique, puis effectue deux postdoctorats, à l'université du Maryland puis à l'École polytechnique fédérale de Zurich. Recruté en tant que chargé de recherche au CNRS en 2022, il rejoint l'Institut Néel (NEEL, CNRS) à Grenoble, où il développe une nouvelle activité dédiée aux qubits supraconducteurs alternatifs. Il y obtient une chaire jeune chercheur du projet RobustSuperQ du PEPR Quantique et participe au consortium européen OpenSuperQPlus.

ERC Starting Grant 2026 : Vers un calcul quantique tolérant aux fautes avec des qubits à bruit biaisé (TURQUOISE)

Les ordinateurs quantiques promettent de résoudre certains problèmes hors de portée des ordinateurs classiques, ouvrant la voie à des avancées majeures en chimie, en science des matériaux et en recherche fondamentale. Mais l'information quantique est extrêmement fragile : la moindre perturbation de l'environnement provoque des erreurs. Aujourd'hui, corriger ces erreurs est si coûteux qu'il faudrait des millions de composants élémentaires pour effectuer un seul calcul utile — un obstacle économique et environnemental considérable.

Le projet TURQUOISE propose une autre voie. Plutôt que de traiter toutes les erreurs sur un pied d'égalité, il s'appuie sur des composants conçus pour n'en produire presque qu'un seul type. Cette asymétrie simplifie la correction et réduit fortement les ressources nécessaires.

TURQUOISE développera ces composants d'un nouveau genre, inventera les méthodes pour les piloter et les faire interagir, puis démontrera leur efficacité en réalisant un premier calcul protégé des erreurs.

En approfondissant notre compréhension des circuits quantiques et de la correction d'erreurs, le projet ouvre de nouvelles perspectives vers un calcul quantique pratique et accessible.

Code de répétition à une dimension.
Code de répétition à une dimension. Les qubits roses (D1-D4) sont les qubits de données, conçus pour que leurs erreurs n’affectent presque toujours que leur phase (bruit biaisé). Les qubits bleus (A1-A3) sont des qubits auxiliaires qui vérifient si deux qubits de données voisins sont d'accord, sans lire directement l'information qu'ils contiennent. © Quentin Ficheux