Une couverture de graphène pour réduire l'inflammation causée par les implants neuronaux
Des sondes peuvent être introduites dans le cerveau au niveau du cortex afin de suivre l'activité électrique neuronale, à des fins observationnelles ou thérapeutiques. Pour pallier les dommages liés à l'inflammation qui en résulte, les chercheurs ont mis au point une méthode prometteuse d'enrobage des sondes par du graphène.
Les sondes intra-corticales, implantées dans le cortex cérébral, sont de plus en plus utilisées en recherche médicale pour décoder les commandes sensorielles ou motrices afin de pouvoir restaurer des fonctionnalités perdues suite à un traumatisme. Cependant, leur implantation est invasive et provoque des dommages irréversibles comme la rupture de vaisseaux sanguins, la destruction de réseaux neuronaux et la formation d'une cicatrice gliale amenant à un rejet après quelques semaines. En effet, une forte réaction immunitaire conduit à une prolifération autour de l’implant de cellules gliales (les cellules environnant les neurones), créant ainsi une barrière physique entre les neurones et les électrodes d'enregistrement de la sonde, ce qui empêche le fonctionnement de celle-ci.
Une équipe de biophysiciennes et de biophysiciens de l'Institut Néel (CNRS) à Grenoble s'est associée à une équipe de neurophysiologistes de l'École polytechnique fédérale de Lausanne pour développer une méthode simple et originale pour enrober des électrodes intra-corticales commerciales avec un feuillet de graphène obtenu par dépôt à partir d'une vapeur d'hydrocarbure
Ces résultats confirment les qualités exceptionnelles du graphène comme interface entre le monde de l'électronique et le monde du vivant. Cette méthode d’enrobage peut s’appliquer à de nombreux objets, bidimensionnels ou tridimensionnels, et pourrait contribuer à diminuer de manière significative le rejet des sondes neuronales ou d’autres implants utilisés dans de nombreux domaines médicaux.
(b) Statistique de fonctionnement des sondes de contrôle (en bleu) et des sondes enrobées de graphène (en rouge). Encart : exemples d’impulsions détectées par une microélectrode (ici enrobée de graphène). On peut distinguer trois formes d’impulsion qui correspondent aux potentiels d’action émis par trois motoneurones différents.
Références
Monolayer graphene coating of intracortical probes for long-lasting neural activity monitoring.
A. Bourrier, P. Shkorbatova, M. Bonizzato, E. Rey, Q. Barraud, G. Courtine, R. Othmen, V. Reita, V. Bouchiat, C. Delacour, Advanced healthcare materials, le 12 août 2019, DOI: 10.1002/adhm.201801331